Parodontologie à Sartrouville

Des gencives qui saignent, des dents qui se déchaussent

La maladie parodontale atteint l'os et la gencive qui tiennent vos dents. Elle avance sans douleur, ce qui explique qu'on la découvre souvent tard — c'est pourtant la première cause de perte de dents chez l'adulte. Prise à temps, elle se stabilise très bien.

Les signes qui doivent vous alerter

Vos gencives saignent

Au brossage, en mangeant

C'est le premier signal, et le plus négligé. Une gencive saine ne saigne pas. Un saignement répété n'est jamais banal : il signe une inflammation. Beaucoup de patients cessent alors de brosser la zone, ce qui aggrave exactement le problème.

Une mauvaise haleine tenace

Malgré le brossage

Les bactéries logées sous la gencive produisent des composés soufrés. Quand l'haleine reste désagréable malgré une hygiène correcte, l'origine est souvent parodontale plutôt que digestive.

Vos dents paraissent plus longues

La gencive se rétracte

La gencive recule et découvre la racine. Les dents semblent s'allonger, des espaces noirs apparaissent entre elles, et le collet devient sensible au froid.

Une dent bouge

Ou se déplace

La mobilité signe une perte osseuse déjà installée. Une dent qui se déplace, qui s'écarte ou qui gêne à la mastication justifie une consultation rapide : à ce stade, chaque mois compte.

Une gencive rouge et gonflée

Sensible au toucher

Une gencive saine est rose pâle et ferme. Rouge, gonflée, douloureuse au contact, elle est inflammatoire. Un abcès peut se former et faire brutalement gonfler la joue.

Aucun signe du tout

Le cas le plus fréquent

La parodontite est indolore pendant des années. C'est pourquoi un bilan parodontal fait partie de l'examen de contrôle au cabinet, même quand tout va bien : le sondage détecte la maladie avant qu'elle ne se voie.

Gingivite ou parodontite : la différence compte

La gingivite ne touche que la gencive. Elle se manifeste par une rougeur et des saignements, et elle est entièrement réversible : un détartrage et un brossage rigoureux suffisent à la faire disparaître en quelques semaines, sans séquelles.

La parodontite est le stade suivant : l'inflammation a gagné l'os qui entoure la racine, et cet os ne se reconstitue pas spontanément. Le traitement vise alors à arrêter la destruction et à stabiliser la situation. Ce qui est perdu est perdu, mais ce qui reste peut être conservé longtemps.

Tout l'enjeu est donc de traiter au stade de la gingivite. C'est aussi ce qui rend le saignement de gencive si important : c'est le seul signal envoyé avant que les dégâts ne deviennent définitifs.

Comment se déroule le traitement

1Le bilan parodontal

Nous mesurons, dent par dent, la profondeur de l'espace entre la gencive et la racine — la poche parodontale. Des radiographies évaluent le niveau osseux. Ce relevé chiffré donne un point de départ précis, auquel nous comparerons les contrôles suivants.

2Le détartrage et le surfaçage radiculaire

C'est le cœur du traitement. Sous anesthésie locale, quadrant par quadrant, nous éliminons le tartre et le biofilm bactérien sous la gencive, jusqu'au fond des poches, puis nous lissons la surface des racines pour que la gencive puisse s'y réattacher. Un détartrage classique, lui, ne nettoie que la partie visible.

3L'apprentissage du contrôle de plaque

Sans hygiène adaptée à domicile, le traitement ne tient pas. Nous vous montrons concrètement, sur vos propres dents, la technique de brossage et l'usage des brossettes interdentaires — bien plus efficaces que le fil dans les espaces élargis par la maladie.

4La réévaluation

Six à huit semaines plus tard, nous mesurons de nouveau. Dans la majorité des cas, les poches se sont refermées et les saignements ont cessé : le traitement s'arrête là et bascule en maintenance.

5La chirurgie, si nécessaire

Quand des poches profondes persistent, un accès chirurgical permet de nettoyer sous contrôle visuel. Selon les situations, une greffe de gencive peut recouvrir une racine dénudée, ou un comblement aider l'os à se reconstruire partiellement.

6La maintenance, à vie

C'est l'étape que l'on sous-estime le plus, et pourtant celle qui décide du résultat à long terme. Des séances tous les trois à six mois empêchent les bactéries de recoloniser. Une parodontite traitée puis abandonnée récidive.

Ce qui aggrave la maladie

Certains facteurs pèsent lourdement sur le pronostic. Les connaître permet d'agir dessus, car ce sont eux qui font la différence entre une situation stabilisée et une évolution qui se poursuit :

  • Le tabac est de loin le premier facteur. Il réduit la vascularisation de la gencive, ce qui masque les saignements et donne une fausse impression d'amélioration, tout en accélérant la perte osseuse et en diminuant nettement la réponse au traitement.
  • Un diabète mal équilibré entretient l'inflammation. La relation est réciproque : traiter la parodontite améliore souvent l'équilibre glycémique.
  • L'hérédité joue un rôle réel. Des parents ayant perdu leurs dents tôt justifient une surveillance dès le plus jeune âge, même sans symptôme.
  • Le stress et le serrement des dents (bruxisme) surchargent des dents déjà fragilisées et accélèrent leur mobilité.
  • Certains traitements modifient la gencive ou réduisent la salive : anticonvulsivants, immunosuppresseurs, certains traitements cardiaques. Signalez-nous toujours vos médicaments.

Vos gencives et le reste de votre santé

Une parodontite n'est pas une affaire locale. Les bactéries et les médiateurs de l'inflammation passent dans la circulation sanguine, et les études établissent un lien entre maladie parodontale et diabète, maladies cardiovasculaires, complications de la grossesse et polyarthrite rhumatoïde.

Cela ne signifie pas que soigner vos gencives protégera votre cœur. Cela signifie qu'une inflammation chronique entretenue dans la bouche n'est pas neutre pour l'organisme, et que c'est une raison de plus de la traiter. Chez la femme enceinte, un bilan parodontal en début de grossesse est particulièrement recommandé.

Prise en charge

Le détartrage est pris en charge par l'Assurance Maladie, deux fois par an. Le bilan parodontal et le surfaçage radiculaire ne le sont pas dans la plupart des situations, mais de nombreuses mutuelles prévoient un forfait : un devis détaillé vous est remis avant de commencer, précisément pour que vous puissiez le leur transmettre.

Rapporté au coût du remplacement des dents perdues — implants, bridges, prothèses — le traitement parodontal reste, de loin, l'option la plus économique. C'est aussi la seule qui conserve vos dents naturelles. Notre page tarifs et remboursements détaille le fonctionnement de la prise en charge.

Vos questions sur les gencives

Ce n'est jamais normal, mais c'est très souvent réversible. Une gencive saine ne saigne pas, même en brossant fermement. Un saignement signe une inflammation due à la plaque bactérienne. Au stade de la gingivite, un détartrage et une bonne technique de brossage suffisent à tout faire rentrer dans l'ordre en quelques semaines. L'erreur fréquente est d'éviter de brosser la zone qui saigne : cela laisse la plaque s'accumuler et aggrave l'inflammation. Il faut au contraire nettoyer avec douceur mais régularité, et consulter pour faire le point.

Spontanément, non : une gencive qui a reculé ne remonte pas d'elle-même, et l'os perdu ne se reconstitue pas seul. En revanche, le traitement arrête la progression, et c'est l'essentiel. Dans certaines situations précises, notamment lorsqu'une racine est dénudée sur une dent visible ou devenue très sensible, une greffe de gencive permet de recouvrir la zone. Cette intervention se décide au cas par cas, après stabilisation de la maladie.

Non, et c'est un motif fréquent de consultation tardive, par crainte de s'entendre annoncer une extraction. Une mobilité peut être due à une inflammation qui, une fois traitée, se réduit nettement. Une contention — un fil collé derrière plusieurs dents pour les solidariser — permet parfois de conserver longtemps des dents mobiles. La décision se prend après le bilan, en fonction du support osseux restant, jamais sur la seule impression de mobilité.

Le détartrage élimine le tartre sur la partie visible de la dent, au-dessus de la gencive. Il dure une vingtaine de minutes et ne nécessite pas d'anesthésie. Le surfaçage radiculaire va nettoyer sous la gencive, au fond des poches parodontales, jusque sur la surface des racines : il se fait sous anesthésie locale, en plusieurs séances, secteur par secteur. C'est ce geste qui traite réellement une parodontite ; un détartrage seul serait insuffisant.

Le surfaçage se déroule sous anesthésie locale : vous ne sentez rien pendant la séance. Dans les jours qui suivent, les dents peuvent être sensibles au froid et les gencives un peu endolories, ce que des antalgiques simples contrôlent bien. Cette sensibilité s'atténue en une à deux semaines. À mesure que la gencive se raffermit, elle peut donner l'impression que les dents « s'allongent » : c'est le signe que l'inflammation régresse, pas que la situation s'aggrave.

Comptez généralement deux à quatre séances de surfaçage réparties sur quelques semaines, puis une réévaluation six à huit semaines après la dernière. Au total, environ trois mois pour la phase active. Vient ensuite la maintenance, à vie, avec des séances tous les trois à six mois selon votre profil de risque. C'est cette régularité qui conserve le résultat.

Il ne l'empêche pas, mais il en réduit nettement l'efficacité et augmente le risque de récidive. Le tabac resserre les vaisseaux de la gencive : les saignements diminuent, ce qui donne une fausse impression d'amélioration alors que la perte osseuse se poursuit. Nous en parlons franchement, sans jugement : réduire ou arrêter, même progressivement, change réellement le pronostic, et c'est le seul facteur sur lequel vous avez une prise immédiate.

Oui, à condition que la maladie soit d'abord traitée et stabilisée. Poser un implant sur un terrain parodontal actif expose à une péri-implantite, l'équivalent de la parodontite autour de l'implant, qui peut le faire perdre. L'ordre est donc toujours le même : traiter les gencives, réévaluer, puis envisager l'implant. Un suivi de maintenance rigoureux est ensuite indispensable pour conserver l'implant dans la durée.

Faites le point sur vos gencives

Un bilan parodontal prend une séance et donne une réponse chiffrée, pas une impression. Si vos gencives saignent, si une dent bouge ou si vos parents ont perdu leurs dents tôt, c'est le moment d'en avoir le cœur net.

Nos autres soins

Chaque page détaille le déroulement, les suites, la durée et le remboursement du traitement, avec les questions que l'on nous pose le plus souvent.

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